La RDC, la Palestine et l’ombre de Lumumba
La République démocratique du Congo vient, une nouvelle fois en septembre 2025, de s’abstenir lors d’un vote de l’ONU en faveur de la reconnaissance de l’État de Palestine. Cette attitude répétée intrigue : pour un pays africain marqué par la colonisation belge, les pillages, et des décennies de guerres fratricides, l’on aurait pu s’attendre à une solidarité spontanée avec le peuple palestinien.
L’explication est à chercher dans la diplomatie actuelle de Kinshasa. La RDC a resserré ses liens avec Israël, misant sur des partenariats technologiques, sécuritaires et agricoles jugés stratégiques. Dans un monde polarisé, l’abstention devient une manière de ne froisser ni les alliés occidentaux, ni les voisins africains plus solidaires de la cause palestinienne. En d’autres termes : un choix de prudence et de calculs, plus que de conviction.
Reste la question du paradoxe historique. Si Patrice Lumumba, héros indépendantiste et symbole du combat contre l’oppression coloniale, était encore présent, il est difficile d’imaginer qu’il serait resté neutre. Sa rhétorique anti-impérialiste et son engagement pour les peuples dominés laissent penser qu’il aurait soutenu la cause palestinienne, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
L’histoire et la realpolitik se croisent ici : là où la mémoire de Lumumba inspire solidarité et idéaux, la diplomatie congolaise d’aujourd’hui préfère miser sur pragmatisme et intérêts stratégiques.
