Béchar – Gara Djebilet : le train d’un rêve ancien devenu réalité sous Tebboune

Le train qui relie aujourd’hui Béchar à l’immensité minière de Gara Djebilet n’est pas né d’un décret récent. Il est l’aboutissement d’un rêve algérien ancien, longtemps évoqué, souvent repoussé, parfois oublié, et finalement assumé comme priorité nationale sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune.

Un projet traversant les présidences et les silences

Dès les premières années de l’indépendance, l’idée d’un axe ferroviaire vers le Sud profond est évoquée sous Ahmed Ben Bella, dans un contexte de reconstruction nationale et de grandes espérances.

Sous Houari Boumediène, le projet est véritablement pensé : il s’inscrit dans une vision souverainiste, industrielle et territoriale, où le Sud doit être relié, valorisé et protégé. Mais les contraintes techniques et financières de l’époque retardent sa réalisation.

Avec Chadli Bendjedid, le projet devient un rêve, régulièrement cité mais toujours repoussé à demain.

Puis, durant les longues années de Bouteflika, malgré l’abondance financière, le train du Sud reste ignoré. L’Algérie construit ailleurs, modernise ailleurs, mais le désert reste sans rails.

Tebboune : de l’enfance du Sud à la décision d’État

La rupture intervient avec Abdelmadjid Tebboune. Pour la première fois, le projet devient une priorité industrielle, écologique et sociale assumée au sommet de l’État.

Tebboune est le premier président issu du Sud de l’Algérie. Il connaît les distances infinies, l’isolement, la rudesse du quotidien. Dans son enfance, se rendre à l’école relevait parfois du parcours du combattant. Cette mémoire n’est pas un détail biographique : elle éclaire une décision politique.

Le rail, pour lui, n’est pas une infrastructure abstraite. C’est un droit à la mobilité, une égalité territoriale, une réparation historique.

Un méga-projet structurant pour l’Algérie

Avec près de 950 kilomètres de voies ferrées, la ligne Béchar – Gara Djebilet est l’un des plus grands projets ferroviaires jamais lancés dans le pays. Elle permet l’exploitation rationnelle du gisement de fer de Gara Djebilet, la création de chaînes industrielles nationales, la réduction du transport routier polluant et la dynamisation économique du Grand Sud.

Le train devient à la fois outil industriel, levier écologique et vecteur social, reliant enfin le Sud profond au cœur économique du pays.

Une inauguration présidentielle dans le Grand Sud

Symbole de l’importance accordée à ce projet, l’inauguration officielle de la ligne sera réalisée par le président Tebboune en personne. Le chef de l’État se déplacera dans le Grand Sud algérien, affirmant par sa présence que ce projet n’est ni périphérique ni secondaire.

La date exacte de cette inauguration est encore jalousement gardée, mais plusieurs sources évoquent la fin du mois de janvier 2026 comme échéance probable. Un moment hautement symbolique, attendu comme l’aboutissement d’un long combat contre l’oubli et la distance.

Le train comme acte politique et humain

En lançant le train Béchar – Gara Djebilet, Tebboune ne pose pas seulement des rails. Il corrige une géographie injuste, réhabilite le Sud et inscrit son quinquennat dans le temps long.

Ce train ne transporte pas seulement du minerai. Il transporte une mémoire, une promesse, et l’idée qu’en Algérie, plus aucun territoire ne doit rester à l’écart du progrès.

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