Sénat américain : Ted Cruz met le Polisario en accusation, l’Algérie saluée comme pilier antiterroriste

Lors d’une audition tendue au Sénat américain, ce mardi 3 février, le sénateur républicain Ted Cruz a frontalement mis en cause le Front Polisario, l’accusant de liens opérationnels avec l’Iran, le Hezbollah et les Gardiens de la révolution islamique.

Un échange musclé qui a surtout mis en lumière l’ambiguïté de l’administration américaine face aux menaces terroristes au Sahel.

Dans son intervention, Ted Cruz a rappelé que « les succès de l’Algérie en matière de lutte contre le terrorisme en font un pilier essentiel de la stabilité régionale », soulignant le rôle central d’Alger dans la sécurité de l’Afrique du Nord.

Dans le même temps, il a reproché aux responsables américains auditionnés d’éviter soigneusement de nommer le Front Polisario lorsqu’ils évoquent l’« activité terroriste au Sahel ».

Accusations directes contre le Polisario

Le sénateur américain est allé plus loin, affirmant que le Polisario collabore avec des groupes terroristes iraniens, reçoit des drones du Corps des gardiens de la révolution islamique et participe à des trafics d’armes dans la région, y compris à destination de groupes djihadistes.

Ted Cruz a même indiqué avoir préparé un projet de loi visant à désigner le Polisario comme organisation terroriste si son comportement ne venait pas à changer.

Malaise et silence de l’administration

Face à ces accusations, les responsables du Département d’État et des agences fédérales ont adopté une ligne prudente, se réfugiant derrière le processus diplomatique et la volonté américaine de parvenir à une « résolution durable » du conflit du Sahara occidental.

Une posture que Ted Cruz a vertement critiquée, qualifiant certaines réponses de « shakespeariennes, pleines de bruit et de fureur, mais ne signifiant rien ».

L’Algérie reconnue, le Sahel sous tension

Au-delà du clash politique, l’audition confirme une réalité stratégique : l’Algérie demeure un acteur clé de la lutte antiterroriste et de la stabilité régionale, tandis que le Sahel reste un terrain de rivalités géopolitiques où s’entrecroisent groupes armés, influences étrangères et calculs diplomatiques.

Cet échange au Sénat révèle ainsi les tensions croissantes au sein même de Washington entre impératifs sécuritaires, considérations diplomatiques et recomposition des équilibres au Maghreb et au Sahel.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *