Réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à Bruxelles : vers une OTAN plus autonome ?

Le 12 février 2026, les ministres de la Défense des 32 pays membres de l’OTAN se sont retrouvés à Bruxelles pour une réunion importante au siège de l’Alliance. Cette rencontre intervient dans un contexte stratégique très tendu, marqué par la guerre en Ukraine, la montée des tensions en Arctique et les discussions sur le rôle des États-Unis dans l’Alliance.

Sous la présidence du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, les discussions ont porté sur plusieurs priorités :

   •   le renforcement de la défense collective, notamment sur le flanc Est face à la Russie ;

   •   l’augmentation des dépenses de défense des alliés, avec un objectif clair de renforcement des capacités européennes ;

   •   la sécurité en Arctique, à travers une nouvelle initiative visant à mieux coordonner les moyens militaires de l’Alliance dans le Grand Nord ;

   •   et le soutien continu à l’Ukraine, avec la participation du ministre ukrainien de la Défense à une session conjointe OTAN-Ukraine.

Un élément clé de cette réunion a été la question de l’équilibre transatlantique. Les représentants américains étaient présents, mais certains observateurs notent un rééquilibrage progressif du rôle des États-Unis au sein de l’Alliance. Washington encourage les Européens à prendre davantage de responsabilités dans leur propre défense, dans une logique de partenariat renforcé plutôt que de dépendance.

L’OTAN peut-elle se passer des États-Unis ?

En théorie, l’Alliance repose sur la souveraineté de ses membres. Mais dans la pratique, les capacités militaires, nucléaires et logistiques des États-Unis demeurent centrales pour la dissuasion collective, notamment face à une menace majeure sur le territoire européen.

Même si les pays européens augmentent leurs budgets et modernisent leurs armées, plusieurs réalités s’imposent :

   •   les États-Unis disposent de capacités de projection et de renseignement sans équivalent ;

   •   l’architecture militaire de l’OTAN est historiquement structurée autour du pilier américain ;

   •   et l’article 5 du Traité de Washington conserve toute sa portée tant que l’engagement américain reste solide.

Conclusion : l’OTAN évolue vers un partage des responsabilités plus équilibré, avec une Europe qui renforce progressivement son autonomie stratégique. Mais à ce stade, l’Alliance ne peut se passer des États-Unis sans perdre une part essentielle de sa capacité de dissuasion et de crédibilité stratégique.

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