Élections législatives algériennes 2026 : à Bruxelles, l’ANIE mobilisée pour la diaspora d’Europe du Nord

À moins de deux mois des élections législatives algériennes prévues en 2026, l’activité s’intensifie au sein de la communauté algérienne établie à l’étranger. À Bruxelles, siège de la zone électorale 7 de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), les préparatifs battent leur plein.

Selon Hakem Taourchi, coordinateur de l’ANIE pour cette circonscription, la zone 7 couvre quatorze pays d’Europe du Nord avec Bruxelles comme centre opérationnel. Elle englobe notamment la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, formant le Benelux, mais aussi le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Russie ainsi que plusieurs autres pays nord-européens et de l’Europe centrale.

Cette vaste zone représente près d’un demi-million de citoyens européens d’origine algérienne, officiellement désignés comme la Communauté nationale résidant à l’étranger, plus communément appelée la diaspora algérienne.

Une diaspora fidèle aux rendez-vous électoraux

Comme lors des précédentes échéances électorales, présidentielles ou législatives, la diaspora répond une nouvelle fois présente. Les candidatures affluent des différents pays couverts par la zone 7, alors que la date limite de dépôt des dossiers est fixée au lundi 18 mai 2026.

Durant deux jours, la rédaction d’ATIPIK INFO s’est rendue au siège du consulat d’Algérie à Bruxelles afin d’observer l’organisation mise en place. Bien que totalement indépendante dans son fonctionnement, l’ANIE a installé temporairement ses bureaux au sein même du consulat afin de faciliter les démarches administratives et les échanges avec les candidats potentiels.

« Le consulat est normalement fermé le dimanche et le lundi, mais je serai présent. Je travaillerai 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 jusqu’au 18 mai 2026 afin que chaque candidat dispose de toutes les informations nécessaires et puisse constituer et déposer son dossier dans les délais », explique Hakem Taourchi, ingénieur de formation et coordinateur déjà actif lors des précédentes élections présidentielles.

Une équipe sous pression

Dans l’ensemble de la zone 7, l’ANIE ne compte qu’un nombre limité de coordinateurs et délégués. À Bruxelles, ils ne sont que deux à assurer le suivi : Hakem Taourchi et Kenza Khaldi, une situation qui semble aujourd’hui difficile à gérer face à l’ampleur de la tâche. Tous deux reconnaissent avoir besoin de renfort.

Dans un esprit de coopération institutionnelle, le Consul général d’Algérie à Bruxelles a mis à disposition de l’ANIE des bureaux, du mobilier ainsi que du matériel informatique afin de soutenir l’organisation logistique. Il tient toutefois à préciser : « Nous n’avons rien à voir avec l’ANIE. Elle travaille en toute transparence et en totale indépendance. »

Des candidatures déjà déposées

À ce stade, l’ANIE aurait déjà enregistré les candidatures de quatre partis politiques, représentant environ 32 candidats, alors même que la liste n’est pas encore définitivement clôturée. Une compétition particulièrement serrée puisque l’ensemble de ces candidats concourent pour un seul et unique siège parlementaire.

Un constat qui suscite des interrogations au sein de la communauté algérienne établie à l’étranger : les quatorze pays d’Europe du Nord couverts par la zone 7, représentant près d’un demi-million d’Algériens de la diaspora, ne seront représentés que par un seul député à l’Assemblée populaire nationale.

Beaucoup estiment cette représentation encore insuffisante, même si, pour cette législature, les autorités algériennes ont élargi la représentation parlementaire de la diaspora à l’échelle mondiale. Le nombre de sièges réservés aux Algériens résidant à l’étranger est ainsi passé de 8 à 12 députés, soit quatre sièges supplémentaires par rapport à la précédente mandature.

Sur place, plusieurs profils ont retenu l’attention de notre rédaction. Si la motivation semble bien présente chez nombre de candidats, certains dossiers interrogent sur l’adéquation entre les profils proposés et les responsabilités d’un mandat parlementaire.

Nous avons notamment croisé un homme d’une cinquantaine d’années, candidat pour la première fois. Son niveau d’études limité au secondaire en Algérie et l’absence de maîtrise des langues officielles de son pays d’accueil, la Belgique, comme des langues nationales les plus utilisées dans les institutions, interrogent quant au processus de sélection du parti ayant validé sa candidature.

Toutefois, rien n’est encore définitif : les formations politiques disposent encore de la possibilité de revoir et adapter leurs listes afin de répondre aux critères et exigences fixés par les autorités électorales.

Des critères renouvelés pour 2026

Cette année, les autorités algériennes ont fixé de nouvelles exigences dans la composition des listes électorales. 50 % des candidats doivent avoir moins de 40 ans, un tiers doit être titulaire d’un niveau universitaire ou équivalent et un tiers des candidats doit être de sexe féminin.

L’objectif affiché est clair : favoriser davantage de jeunesse, de féminisation et de qualification au sein des futures assemblées représentatives.

Quel serait le député idéal pour la diaspora algérienne d’Europe ?

Interrogée sur le profil du député idéal représentant les Algériens d’Europe, une intelligence artificielle résume ainsi les attentes :

« Le député idéal pour la diaspora algérienne d’Europe devrait posséder une solide formation, une bonne culture politique ainsi qu’une compréhension des enjeux économiques, sociaux et internationaux. Il devrait être multilingue — au minimum arabe et français, idéalement aussi anglais ou la langue du pays d’accueil — afin de dialoguer efficacement avec les institutions et les différentes générations de la diaspora. Enfin, il devrait conjuguer compétence, intégrité et proximité avec les citoyens, en apportant des solutions concrètes plutôt que des promesses. »

Un engagement parfois au prix de longs trajets

Il convient également de saluer le sens du devoir et la disponibilité de certains représentants diplomatiques algériens à l’étranger. Au Danemark, l’ambassadeur d’Algérie n’a pas hésité à accueillir un candidat en dehors des heures habituelles de travail, après l’avoir attendu afin de lui permettre de finaliser ses démarches administratives.

Ce candidat, membre de la diaspora, avait parcouru près de 600 kilomètres jusqu’à la chancellerie algérienne au Danemark pour déposer son dossier et obtenir les informations nécessaires à sa candidature. Un exemple qui illustre à la fois l’engagement d’une partie de la diaspora dans la vie politique du pays d’origine, mais aussi le dévouement, l’abnégation et la résilience de certains diplomates au service des citoyens algériens à l’étranger.

Pour rappel l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) est l’organisme algérien chargé de superviser certaines opérations électorales et référendaires. Elle a été créée dans le contexte politique ayant suivi les manifestations populaires de 2019, avec pour objectif de renforcer la transparence du processus électoral.

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