Charleroi accueillera le premier Salon algérien du tourisme et de l’immobilier en 2026 : une passerelle entre deux rives

Le 30 mai prochain, Gosselies accueillera la première édition du Salon algérien du tourisme et de l’immobilier 2026, un événement inédit en Belgique porté par plusieurs associations algériennes du Benelux. Installé sur une surface de 1 500 m², le salon ambitionne de devenir un espace de rencontre entre entrepreneurs, investisseurs, artisans et passionnés de culture algérienne, dans un contexte économique pourtant peu favorable.

À l’origine de cette initiative privée : quatre associations basées en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg, réunies autour d’une ambition commune : valoriser le potentiel touristique, artisanal et immobilier de l’Algérie auprès des diasporas, des investisseurs européens et du grand public.

« L’objectif est de créer un véritable pont entre l’Algérie et la Belgique », expliquent les organisateurs, qui veulent faire de ce rendez-vous un espace favorisant les échanges économiques, culturels et humains.

Trois piliers au cœur du salon

Pour cette première édition, les organisateurs ont structuré l’événement autour de trois axes majeurs.

Le premier est consacré à l’immobilier, avec des opportunités d’investissement, des projets innovants et la présence d’acteurs du secteur venus présenter leurs offres. Dans un contexte où de nombreux membres de la diaspora souhaitent investir dans leur pays d’origine, les organisateurs entendent faciliter les rencontres entre porteurs de projets et investisseurs potentiels.

Le second pilier mettra en avant le tourisme algérien, encore méconnu en Europe malgré un territoire aux paysages variés. Du littoral méditerranéen aux reliefs montagneux, en passant par les régions sahariennes, les visiteurs pourront découvrir des destinations authentiques et les richesses naturelles du pays.

Enfin, le salon accordera une place importante à l’artisanat traditionnel, avec des exposants mettant en lumière les savoir-faire ancestraux, les créations artisanales et l’identité culturelle algérienne.

Au total, une cinquantaine d’exposants sont attendus. La majorité d’entre eux viendra du nord de la France, des Pays-Bas et de Belgique, tandis que certains participants devaient faire le déplacement depuis l’Algérie et l’Allemagne.

Des obstacles administratifs et financiers

L’organisation de cette première édition n’a toutefois pas été un long fleuve tranquille. La crise économique actuelle a compliqué le financement du projet.

Selon les organisateurs, aucun subside, ni belge ni algérien, n’a pu être obtenu, obligeant les porteurs du projet à s’appuyer essentiellement sur leurs propres moyens et sur un engagement associatif.

Autre difficulté majeure : les problèmes de visas. Une vingtaine d’exposants, notamment attendus depuis Alger, risquent de ne pas pouvoir participer au salon en raison de lenteurs ou de complications administratives.

Malgré ces obstacles, les organisateurs se veulent optimistes et déterminés à maintenir l’événement.

Une mobilisation institutionnelle locale

Pour assurer la visibilité de cette première édition, les organisateurs ont entrepris plusieurs démarches auprès des autorités et des médias régionaux.

La commune de Charleroi a notamment relayé l’affiche officielle du salon auprès des citoyens. Des contacts ont également été établis avec la télévision régionale TéléSambre, la RTBF et ATIPIK TV afin de promouvoir l’événement.

Parmi les personnalités locales informées figurent le bourgmestre de Charleroi, Thomas Dermine, ainsi que l’échevine du tourisme, Babette Jandrain, et l’échevin des sports, Karim Chaibai.

Youssef Louahed, un coordinateur porté par une histoire familiale ouvrière

Derrière cette initiative se trouve Youssef Louahed, coordinateur du salon. Belge, né à Mons il y a 54 ans, cet informaticien de profession revendique un attachement fort à ses racines algériennes et à l’histoire migratoire de sa famille.

Son engagement dans ce projet puise notamment dans une mémoire familiale marquée par l’immigration ouvrière entre l’Algérie et la Belgique.

L’histoire commence à Maghnia, près d’Oran, dans l’ouest algérien. Son père, né en 1929, quitte son pays très jeune pour rejoindre la Belgique, où il travaille dans les mines de charbon du Borinage, dans la région de Mons. Arrivé adolescent, vers l’âge de 16 ans, il fait partie de cette génération d’ouvriers algériens venus contribuer à la reconstruction industrielle belge de l’après-guerre, dans des conditions souvent éprouvantes.

Comme beaucoup de mineurs de cette époque, le père de Youssef Louahed contracte au fil des années une silicose pulmonaire, maladie respiratoire grave liée à l’inhalation prolongée de poussières dans les charbonnages. Affaibli par cette pathologie qui a marqué toute une génération de travailleurs du fond, il s’éteint après une longue période de souffrance, laissant derrière lui le souvenir d’un homme de labeur et de sacrifice.

Sa mère rejoint ensuite la Belgique en 1965, alors qu’elle n’a que 16 ans, retrouvant son mari dans un contexte de vie marqué par le travail difficile et les réalités de l’immigration. La famille s’installe durablement dans le Borinage et élève quatre enfants, transmettant à la fois une culture algérienne forte et un ancrage belge profond.

Cette histoire familiale, faite de travail, de sacrifice et d’intégration, résonne aujourd’hui dans l’ambition de Youssef Louahed : créer des passerelles entre les deux pays et valoriser une double identité assumée.

Pour le coordinateur, ce premier salon dépasse la simple dimension commerciale. Il se veut aussi un espace de mémoire, de transmission et de rapprochement entre générations, à travers une image moderne et ouverte de l’Algérie.

Le rendez-vous est fixé au 30 mai à Gosselies, avec l’espoir, pour les organisateurs, d’inscrire ce salon dans la durée et d’en faire un événement de référence au sein de la diaspora algérienne en Europe.

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