Nouvelle polémique à Molenbeek-Saint-Jean : des propos jugés racistes en pleine séance communale

Molenbeek refait tristement parler d’elle en ce début d’année 2026. Lors de la première réunion du conseil communal, tenue le mercredi 21 janvier, une interjection a provoqué stupeur et indignation dans la salle :

« Ici, on est en Belgique, pas en Afrique. »

Ces mots auraient été lancés par Jamal Azaoum, conseiller communal de l’opposition, lors d’un échange tendu. La phrase, perçue comme une sortie ouvertement raciste, a immédiatement choqué plusieurs élus et citoyens présents.

Ironie lourde de sens : l’auteur présumé de cette déclaration est lui-même d’origine marocaine, donc africain. Un élément qui n’atténue en rien la gravité des propos, mais qui met en lumière une réalité trop souvent passée sous silence : l’existence de racismes multiples, y compris intra-communautaires, au sein même de sociétés qui se veulent inclusives.

Cette controverse intervient dans un contexte international déjà chargé. La récente Coupe d’Afrique des Nations, organisée au Maroc, a été marquée par de nombreuses dénonciations de violences et de discriminations visant des Africains subsahariens. Des journalistes, des supporters, notamment maliens et sénégalais, ont fait état de tensions raciales, d’agressions, et de faits graves ayant entraîné des victimes. Ces événements ont ravivé le débat sur le racisme entre Africains du Nord et Africains noirs — un sujet sensible mais incontournable.

La question posée aujourd’hui à Molenbeek est simple et dérangeante : qu’aurait-il été dit — et quelles auraient été les conséquences — si un élu “belge de souche” avait lancé en séance publique : « On n’est pas au Maroc ici » ?

Le deux poids, deux mesures n’est plus acceptable.

En Belgique, État de droit fondé sur l’égalité et la pluralité, le racisme n’a pas de couleur unique. Il peut prendre plusieurs formes, venir de différents horizons, et doit être combattu avec la même fermeté, quel que soit son auteur. À défaut, c’est la crédibilité même d’une démocratie inclusive qui se fissure.

Les propos attribués à Jamal Azaoum pourraient faire l’objet de poursuites. Au-delà du cas individuel, cette affaire appelle à une prise de conscience collective : la lutte contre le racisme exige cohérence, courage politique et exemplarité, surtout de la part de ceux qui exercent un mandat public.

A propos de l'auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *