Pourquoi le cas Amir DZ devrait inquiéter Français et Algériens
À première vue, le nom d’Amir DZ pourrait sembler anecdotique. Un activiste de plus sur les réseaux sociaux, bruyant, excessif, vite oublié. Pourtant, le traitement politique et médiatique qui lui est réservé révèle un phénomène bien plus préoccupant : l’entrée des relations franco-algériennes dans une guerre des récits, où la provocation remplace le dialogue.
Un opposant… fabriqué
Amir DZ est aujourd’hui présenté sur certaines plateformes comme journaliste ou opposant politique algérien. Cette image est fortement contestée, notamment par de nombreux Algériens, y compris dans la diaspora.
Des observateurs soulignent l’absence de parcours universitaire, de production journalistique, d’enquêtes ou d’écrits sérieux. Ils affirment qu’il n’aurait pas dépassé le niveau primaire et qu’il aurait connu, en Algérie, une trajectoire de marginalité — des éléments jamais étayés par un curriculum académique ou professionnel public.
Ce qui l’a rendu visible n’est pas une analyse politique, mais un discours agressif, insultant et émotionnel visant directement les institutions algériennes.
Asharq : Istanbul, Qatar et médias d’influence
Avant d’apparaître en France, Amir DZ est passé par le mouvement Rachad et son porte -parole Mohamed Zitout. Il est suggéré par Rachad à la chaîne Asharq, un point essentiel pour comprendre son ascension médiatique.
Asharq est basée à Istanbul, en Turquie, et financée par le Qatar, selon de nombreuses analyses sur les médias politiques arabes transnationaux. Elle est liée à Ayman Nour, opposant égyptien issu de la mouvance des Frères musulmans.
Ce type de chaînes, installées à Istanbul et financées par Doha, n’ont pas vocation première à informer, mais à produire des récits politiques offensifs, souvent dirigés contre certains États arabes.
C’est dans ce cadre qu’Amir DZ encore sans papiers a animé depuis Paris des programmes ouvertement hostiles à l’Algérie, sans contradiction ni rigueur journalistique.
Le recyclage français : la vraie rupture
Le tournant intervient lorsque ce profil, issu de cet écosystème médiatique financé par le Qatar et opéré depuis la Turquie, se retrouve légitimé en France.
Amir DZ aurait obtenu une régularisation, un domicile, une protection, et même un diplôme de journalisme délivré à Paris, parfois présenté comme un diplôme de « journalisme d’investigation ».
Pour beaucoup de professionnels des médias, cette labellisation interroge : comment devient-on journaliste d’investigation sans enquêtes, sans publications, sans méthode ?
Un message dangereux pour la diaspora
Pendant que des milliers d’Algériens sans papiers, souvent intégrés, travailleurs, discrets, attendent depuis des années une régularisation en France, un individu dont la notoriété repose sur l’insulte et la radicalité obtient visibilité et protection.
Le message implicite est inquiétant :
plus vous attaquez l’Algérie, plus vous devenez fréquentable.
Pourquoi ce profil intéresse-t-il ?
Dans une guerre cognitive, la crédibilité n’est pas toujours un atout.
Des profils fragiles, dépendants, sans assise intellectuelle solide, sont plus faciles à instrumentaliser. L’objectif n’est pas de convaincre par la raison, mais de polluer le débat, d’attiser les émotions, de rompre les ponts.
Un danger pour la France comme pour l’Algérie
Cette stratégie est perdante pour tous :
• elle radicalise une partie de la diaspora,
• elle affaiblit la crédibilité des médias,
• elle empoisonne une relation bilatérale essentielle.
Les intérêts entre la France et l’Algérie — économiques, sécuritaires, énergétiques, humains — sont trop importants pour être sacrifiés à des figures médiatiques instrumentalisées.
Comprendre avant qu’il ne soit trop tard
Le cas Amir DZ n’est pas une affaire individuelle.
C’est un symptôme d’un glissement inquiétant : quand la provocation devient une politique et que la guerre des récits remplace la diplomatie.
Il est temps que les citoyens français — intellectuels comme grand public — comprennent l’enjeu :
ce jeu-là ne produit ni liberté ni démocratie, mais de la défiance durable entre deux peuples liés par l’histoire.
