13 octobre : quand les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête
Ce mardi 13 octobre 2026, le mouvement World with Women appelle les femmes du monde entier à suspendre toutes leurs activités pendant 24 heures. À Bruxelles, rendez-vous est donné à 13 heures au Mont des Arts.
Demain, un vent de fronde inédit s’apprête à souffler sur la planète. À l’appel du mouvement citoyen World with Women, les femmes qui le peuvent sont invitées à suspendre, pendant une journée, leurs activités professionnelles et domestiques, ainsi que leurs achats. Objectif : rendre visible l’invisible et exiger une mixité réelle, là où le statu quo n’est plus tenable.
Chez Atipik Info, nous suivons de près ce mouvement, qui interroge directement nos modes de vie, la charge mentale et l’équilibre de nos foyers.
« On arrête tout »
Le mot d’ordre est d’une simplicité radicale : pas d’e-mails professionnels, pas de linge à plier, pas de repas à préparer, pas de courses. Le but est de créer un choc visuel et logistique pour démontrer que, sans les femmes, la société s’immobilise. Les hommes, eux, sont appelés à prendre le relais à la maison et à porter, pour une fois, la charge mentale du quotidien.
La mobilisation se veut souple : chacune participe selon ses moyens, en posant un jour de congé, en débrayant une heure ou simplement en refusant de cuisiner le soir. Aucune caisse de grève n’est toutefois prévue pour compenser la perte de revenus.
L’héritage islandais de 1975
Le mouvement puise sa force dans l’Histoire. Il s’inspire directement du 24 octobre 1975 en Islande, resté célèbre sous le nom de « Kvennafrí », le jour de congé des femmes. Ce jour-là, 90 % des Islandaises ont cessé de travailler, de cuisiner et de s’occuper des enfants. Les usines de poisson ont fermé, les journaux n’ont pu être imprimés et les pères ont dû emmener leurs enfants au bureau. Le pays était paralysé.
Cette démonstration de force a marqué un tournant. Cinq ans plus tard, en 1980, Vigdís Finnbogadóttir devenait la première femme élue démocratiquement à la tête d’un État. L’Islande occupe aujourd’hui la première place des classements mondiaux sur l’égalité.
Pourquoi maintenant ?
Parce qu’au rythme actuel, ONU Femmes estime qu’il faudrait encore près de 300 ans pour atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes. Les organisatrices rappellent que 89 % des chefs d’État sont des hommes et que 90 % des accords de paix signés en 2024 l’ont été sans femmes à la table.
Né en France cette année, le mouvement se veut apartisan, aconfessionnel et horizontal. Il porte une série de mesures concrètes pour accélérer la mixité dans les gouvernements, les entreprises et les institutions, et réclame notamment une loi intégrale contre les violences sexuelles.
Bruxelles et Liège au rendez-vous
La mobilisation dépasse largement les frontières françaises, avec des actions annoncées dans une quarantaine de pays, de l’Autriche au Rwanda, en passant par la Tunisie et, bien sûr, l’Islande.
En Belgique, un rassemblement est prévu demain à 13 heures au Mont des Arts, à Bruxelles, sous le nom de « World with Women Belgian Act ». À Liège, les participantes se retrouveront à 14 heures au parc de la Boverie, près de la volière.
À Paris, le point d’orgue se tiendra place de la Bastille dès 11 h 30, avec des prises de parole de personnalités, des performances artistiques et un geste collectif à 13 heures, moment fort repris dans de nombreuses villes.
Reste une question essentielle : le monde est-il prêt à voir ce qui se passe quand la moitié de l’humanité s’arrête ? Réponse demain.

