Ô France voici venu le jour des comptes : l’Algérie interpelle la France coloniale
Ce soir, nous revenons sur un moment politique et historique majeur :
l’adoption par le Parlement algérien d’une loi criminalisant les crimes commis durant la période coloniale.
Un texte inédit, à la fois symbolique et juridique, qui dépasse le cadre national pour s’inscrire dans une dynamique africaine plus large : celle d’un continent qui interroge son histoire, revendique sa mémoire et pose la question de la justice.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement direct de la Conférence africaine d’Alger, qui a réuni historiens, juristes, experts et responsables politiques venus de tout le continent afin de réfléchir aux moyens de qualifier juridiquement les crimes du colonialisme et de les porter sur la scène internationale.
Elle a mis en lumière une Afrique qui parle désormais d’une voix plus affirmée.
Cette démarche algérienne s’inscrit également dans un contexte international marqué par plusieurs précédents.
Au fil des décennies, certaines anciennes puissances coloniales ont engagé, à des degrés divers, des processus de reconnaissance, d’excuses ou de réparation :
le Royaume-Uni, notamment vis-à-vis de l’Inde et du Kenya,
les Pays-Bas à l’égard de l’Indonésie,
la Belgique concernant son passé colonial en République démocratique du Congo,
et l’Allemagne, qui a reconnu sa responsabilité historique et engagé un processus de réparation à l’égard d’Israël.
Dans ce paysage, la position de la France apparaît singulière.
Puissance coloniale majeure en Afrique francophone, elle demeure réticente à toute reconnaissance juridique globale des crimes commis durant la colonisation et exclut toute logique de réparation, malgré une documentation historique abondante et des reconnaissances politiques partielles.
C’est aussi à cette exception française que la loi algérienne vient poser une question de fond.
Mais au-delà du symbole, ce vote soulève des interrogations essentielles :
quelles sont les implications juridiques concrètes de cette loi ?
peut-elle ouvrir la voie à des actions devant les juridictions internationales ?
et comment l’Algérie se positionne-t-elle, à travers cette initiative, comme moteur d’une réflexion panafricaine sur la mémoire, la justice et les responsabilités historiques ?
Pour en discuter, j’ai l’immense plaisir de recevoir sur le plateau deux invités de premier plan.
Monsieur Ibrahim Boughali, président de l’Assemblée populaire nationale, acteur central du processus législatif ayant conduit à l’adoption de cette loi historique.
Et Maître Nacereddine Lezzar, avocat au barreau d’Alger, spécialiste du droit international, dont l’expertise nous permettra d’évaluer les enjeux, les limites et les leviers juridiques de cette démarche sur la scène internationale.
