La meilleure journaliste arabophone du monde est algérienne
Et ce n’est pas celle que vous croyez.
Elle ne s’est jamais distinguée par un fichu hautement politisé. Elle n’a jamais fait du paraître une ligne éditoriale. Elle n’a pas bâti sa notoriété sur l’image, mais sur le fond. Parce qu’un trophée ne s’octroie pas à celui ou celle qui lit parfaitement un prompteur. Parce qu’on ne devient pas une icône du journalisme en monnayant un faux virage idéologique ou religieux pour séduire l’air du temps.
La meilleure journaliste arabophone, algérienne de surcroît, est d’abord une professionnelle de la salle de rédaction. Pendant que d’autres passent des heures en salle de maquillage, elle en passe quatre à vérifier, recouper, enquêter, structurer. Le journalisme, le vrai, se construit dans la rigueur, pas dans le miroir.
Cette journaliste s’est imposée sans bruit, sans scandale, sans mise en scène. Emission après émission, reportage après reportage, elle a façonné un style : sobre, précis, exigeant.
Elle s’appelle Fairouz Ziani.
Journaliste à Al Jazeera, elle a remporté en 2025 à New York un prestigieux International Emmy Award notamment pour son travail sur le documentaire « Gaza : à la recherche d’une vie », diffusé dans l’émission More to the Story. Elle devient ainsi la première journaliste algérienne à recevoir cette distinction internationale, l’une des plus convoitées du paysage audiovisuel mondial.
Son parcours l’a menée sur les plus grandes scènes de l’information internationale, couvrant conflits, crises politiques et enjeux globaux avec une maîtrise rare et une indépendance intacte.
Mère d’une famille nombreuse, journaliste exigeante, femme engagée sans ostentation, elle incarne une autre idée du succès : celui qui se construit dans la constance et la crédibilité.
Il y a trois ans déjà, elle avait été désignée « Personnalité de l’année » par Atipik TV — un trophée attribué à un homme ou à une femme qui marque durablement son époque par son influence, son intégrité et son impact dans le monde médiatique.
Les jeunes journalistes arabophones algériennes cherchent parfois des modèles spectaculaires. Elles devraient regarder du côté de la rigueur. Du côté du travail. Du côté de la discrétion efficace.
Car l’habit ne fait pas l’imam.
Et le maquillage ne fait pas le journaliste.
