Le Parlement européen réclame un plan d’urgence pour le personnel de santé

Les commissions Emploi et Santé du Parlement européen ont adopté ce mercredi un rapport d’initiative appelant à la mise en place d’un véritable « Plan d’urgence de l’Union européenne concernant le personnel de santé ».

Le texte, qui sera soumis au vote de l’ensemble des eurodéputés lors d’une prochaine session plénière à Strasbourg, probablement en juillet, vise à répondre aux pénuries croissantes de professionnels de santé dans toute l’Union européenne.

Co-rapportrice du texte, l’eurodéputée belge Estelle Ceulemans estime que les négociations ont permis d’améliorer significativement la proposition initiale. « Le travail assidu de mon groupe socialiste, avec le soutien des progressistes du Parlement, a permis de faire évoluer positivement le texte, qui exige notamment d’augmenter les effectifs du personnel de santé d’au moins un million de professionnels entre 2028 et 2034 », souligne-t-elle.

Le rapport demande à la Commission européenne de présenter une stratégie ambitieuse pour renforcer les effectifs du secteur, d’augmenter les financements européens dédiés à la santé et d’étudier la possibilité d’exclure certaines dépenses de santé des contraintes budgétaires. Les députés plaident également pour un meilleur respect du temps de travail, une lutte renforcée contre les risques psychosociaux et une consultation systématique des partenaires sociaux.

Les États membres sont invités à investir davantage dans leurs systèmes de santé, à améliorer les conditions de travail, à garantir des rémunérations attractives et à mettre en place des ratios adaptés entre soignants et patients. Le texte insiste aussi sur la nécessité de mieux concilier vie professionnelle et vie privée et de lutter contre les inégalités de genre qui persistent dans les métiers de la santé.

Cette initiative intervient alors que l’Union européenne pourrait manquer de près de 950 000 professionnels de santé – médecins, infirmiers, sages-femmes, dentistes ou pharmaciens – d’ici 2030. La Belgique est elle aussi confrontée à une pénurie structurelle qui touche de nombreux établissements de soins et menace la qualité de la prise en charge des patients.

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