À Alger, le Centre culturel universitaire se prépare à l’accueil du Saint-Père
Fondé en 1934 par les pères jésuites, le Centre culturel universitaire d’Alger (CCU) est depuis près d’un siècle un havre de savoir au cœur de la capitale. Créé durant la période coloniale, le centre a toutefois été refondé dans sa version actuelle en 1962, au lendemain de l’indépendance de l’Algérie. Depuis 1934, les pères jésuites sont au service des étudiants universitaires et autres différents profils.
Étudiants, doctorants, chercheurs mais aussi retraités algériens et étrangers s’y retrouvent pour le silence studieux de ses bibliothèques et la richesse de ses ouvrages rares, souvent introuvables ailleurs dans le pays.
C’est dans ce lieu emblématique, niché en plein centre d’Alger, que nous avons rencontré son directeur, le père Ricardo Jimenez Sanchez, à l’approche de la visite historique annoncée du pape Léon XIV.
Jésuite profondément enraciné dans la société algérienne, le père Ricardo a choisi très tôt l’immersion. Entre 2000 et 2002, il s’est installé à Constantine afin d’apprendre l’arabe dialectal et de s’imprégner de la culture algérienne au plus près de ses habitants. Arrivé définitivement à Alger en 2009, il connaît intimement la maison qu’il dirige aujourd’hui. Son attachement au pays s’est construit dans la durée, à travers le dialogue, la présence discrète et l’engagement intellectuel.
« C’est une agréable surprise. Un désir partagé, une reconnaissance mutuelle », confie-t-il à propos de la venue du Saint-Père.
Institution confiée à la Compagnie de Jésus depuis sa création, le CCU s’inscrit dans une tradition d’ouverture et de dialogue interreligieux. Pour son directeur, la visite pontificale dépasse le simple cadre protocolaire : elle revêt une portée spirituelle et symbolique forte.
« Comme beaucoup de fidèles, chrétiens et musulmans, je serai présent au rassemblement prévu près de la Basilique Notre-Dame d’Afrique pour saluer le pape », affirme-t-il.
Le choix de l’Algérie n’est pas anodin. Terre natale de Saint Augustin d’Hippone, figure majeure de la théologie chrétienne, le pays occupe une place singulière dans l’histoire spirituelle du monde chrétien. Cette filiation augustinienne confère à la visite de Pape Léon XIV une dimension particulière : celle d’un retour symbolique aux sources.
À l’ombre des rayonnages du CCU, c’est ainsi toute une mémoire — religieuse, culturelle et profondément algérienne — qui se tient prête à accueillir un moment d’histoire.


