Belgique–Algérie : un accord migratoire “historique” aux implications concrètes

La Belgique et l’Algérie ont franchi un cap dans leur coopération migratoire. À l’issue d’une visite officielle à Bruxelles, la ministre de l’Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt a salué un accord de réadmission “historique”, attendu depuis près de vingt ans. Signé aux côtés du ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot et de son homologue algérien Ahmed Attaf, ce dispositif vise à accélérer les retours de ressortissants algériens en séjour illégal. Mais concrètement, que change-t-il ?

D’abord, l’identification des personnes concernées sera fortement accélérée. L’Algérie s’engage à confirmer la nationalité en une quinzaine de jours, contre plusieurs mois actuellement. Une avancée clé pour les autorités belges, qui soulignent que certains migrants se déclarent à tort algériens en raison des difficultés de renvoi.

Ensuite, la procédure de retour gagne en efficacité. Le laissez-passer consulaire, indispensable à l’expulsion, verra sa validité passer de 24 heures à 30 jours. Une mesure destinée à éviter les échecs fréquents liés à des délais administratifs trop courts.

Autre changement notable : la possibilité d’organiser des retours groupés. Plusieurs personnes pourront désormais être rapatriées sur un même vol, direct ou avec escale. De plus, la Belgique pourra recourir à des escorteurs algériens, allégeant ainsi la charge de la police fédérale.

Pour le gouvernement belge, ces mesures doivent permettre d’augmenter significativement les retours effectifs. En 2025, sur plus de 2.200 personnes se déclarant algériennes ayant reçu un ordre de quitter le territoire, seules 85 ont effectivement quitté le pays. Par ailleurs, plusieurs centaines de détenus en Belgique seraient en situation irrégulière.

Au-delà du volet migratoire, cet accord s’inscrit dans un rapprochement plus large entre Bruxelles et Alger. Un second texte prévoit une exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service, tandis que des perspectives économiques se dessinent, notamment dans l’énergie. L’Algérie, acteur clé de l’approvisionnement gazier européen, apparaît plus que jamais comme un partenaire stratégique dans un contexte international tendu.

Reste désormais une étape politique : l’accord devra encore être validé par le Parlement belge avant d’entrer pleinement en vigueur.

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