Boris Dilliès : un bourgmestre libéral à l’épreuve de la capitale
L’accession de Boris Dilliès à la tête de la Région de Bruxelles-Capitale marque un tournant politique. Figure du Mouvement Réformateur, longtemps bourgmestre d’Uccle, il incarne une droite bruxelloise assumée, à la fois gestionnaire et clivante.
Une ligne ferme sur les questions internationales
À Uccle, Dilliès a affiché un soutien explicite à l’État d’Israël, notamment en faisant hisser le drapeau israélien sur la maison communale lors de périodes de tensions au Proche-Orient. Ce geste, salué par certains comme un acte de solidarité politique, a été dénoncé par d’autres comme une prise de position unilatérale dans un conflit international sensible.
Dans le même contexte, des manifestations pro-palestiniennes organisées dans la commune ont fait l’objet d’un encadrement policier strict. Ses détracteurs parlent d’une attitude “répressive” à l’égard de ces rassemblements, tandis que l’entourage du bourgmestre évoque une application rigoureuse des règles de maintien de l’ordre public.
Réseaux et sociabilités
Boris Dilliès a également été associé au cercle privé The Merode, club huppé bruxellois qui succède à l’ancien Cercle de Lorraine, historiquement fréquenté par une élite économique d’Uccle. Pour ses partisans, il s’agit d’un réseau professionnel classique dans les milieux dirigeants ; pour ses critiques, le symbole d’une proximité avec les milieux les plus aisés de la capitale.
Sur le plan international, ses opposants évoquent une proximité politique avec certaines figures de la droite française, notamment Marine Le Pen ou le maire de Béziers Robert Ménard. Aucune alliance formelle n’existe, mais ces parallèles sont régulièrement avancés par ses adversaires pour situer idéologiquement son positionnement.
La question linguistique
Dans une Région officiellement bilingue, la maîtrise du néerlandais reste un enjeu central. Dilliès a parfois été critiqué pour un niveau jugé insuffisant par certains acteurs flamands. À Bruxelles, où l’équilibre institutionnel repose sur la reconnaissance des deux communautés, cette dimension pourrait peser politiquement.
Une équation sociale délicate
Le parcours de Boris Dilliès s’est construit dans une commune réputée parmi les plus favorisées de la capitale. Bruxelles, en revanche, est marquée par de fortes disparités sociales, un taux de pauvreté élevé et une pression budgétaire croissante.
La question, désormais, dépasse la polémique :
Un dirigeant identifié aux milieux aisés peut-il incarner et gérer efficacement une Région devenue de plus en plus précaire ?
C’est sur ce terrain — celui des politiques sociales, du logement, de la sécurité et du vivre-ensemble — que le nouveau ministre-président sera attendu.
