Bruxelles : fumée blanche et compromis à la belge

Après des mois de négociations tendues, la Région de Bruxelles-Capitale tient enfin son gouvernement. Ce jeudi, les sept partis appelés à former la majorité ont scellé un accord, mettant un terme à une séquence politique marquée par les blocages, les nuits blanches et quelques migraines institutionnelles dont seule la Belgique a le secret.

Une fumée blanche, au propre comme au figuré

Dans les couloirs feutrés du Parlement régional, certains parlaient d’un conclave version bruxelloise. Et ce jeudi, la « fumée blanche » est bien apparue – symbolique, bien sûr, Bruxelles n’ayant pas encore installé de cheminée sur le toit de son hémicycle. Mais le signal était clair : un compromis a été trouvé.

Il aura fallu « plusieurs douleurs » – pour reprendre l’expression d’un négociateur – comprendre : concessions, ajustements budgétaires, arbitrages programmatiques et inévitables tensions entre partenaires aux sensibilités différentes. À Bruxelles, le compromis n’est pas une option, c’est un sport national.

Un accord cousu main

Selon les grandes lignes de l’accord, chaque formation a obtenu des avancées correspondant à ses priorités.

Les socialistes ont arraché un engagement renforcé en faveur du logement public, avec l’objectif d’augmenter significativement le nombre de logements sociaux dans une région où la pression immobilière reste forte.

Les écologistes, eux, ont sécurisé des mesures ambitieuses en matière d’espaces verts, de mobilité douce et de transition climatique. Davantage de parcs, de corridors écologiques et de zones apaisées devraient voir le jour.

D’autres partenaires ont obtenu des garanties sur la sécurité, le soutien aux indépendants, la propreté urbaine ou encore l’attractivité économique de la capitale européenne.

Le parti Les Engagés, héritier du centre humaniste, a pour sa part insisté sur la responsabilité budgétaire, le soutien aux familles et un renforcement de la gouvernance régionale, revendiquant un rôle d’équilibre dans la coalition.

Une stabilité attendue

Au-delà des revendications partisanes, l’enjeu était clair : doter la Région d’un exécutif stable, capable de répondre aux défis sociaux, environnementaux et budgétaires. Car Bruxelles n’est pas seulement une capitale régionale ; elle est aussi le siège des institutions européennes et un carrefour diplomatique majeur.

La formation de ce gouvernement met fin à une période d’incertitude politique qui pesait sur les projets en cours et sur la crédibilité institutionnelle de la Région.

L’art du compromis… à la belge

En Belgique, former un gouvernement relève parfois du marathon plus que du sprint. Mais une fois l’accord trouvé, chacun rappelle avec un sourire que « c’est compliqué, mais ça fonctionne ».

Bruxelles vient d’en donner une nouvelle démonstration : après les crispations, le compromis ; après les doutes, la fumée blanche. Reste désormais à transformer l’accord en actions concrètes.

Car dans la capitale, les habitants attendent moins des symboles que des résultats.

La tradition de la fumée blanche

L’expression de « fumée blanche » trouve son origine dans le rituel du conclave au Vatican. Lors de l’élection d’un pape à la chapelle Sixtine, les bulletins de vote sont brûlés après chaque scrutin. Une fumée noire signale qu’aucun accord n’a été trouvé ; une fumée blanche annonce l’élection du nouveau souverain pontife.

Ce jeudi à Bruxelles, clin d’œil assumé à cette tradition, de la fumée blanche a réellement été aperçue depuis les balcons du siège régional. Un symbole visuel fort, presque théâtral, pour signifier qu’après des semaines d’âpres discussions, l’accord était enfin scellé.

À la belge, bien sûr : un mélange de gravité institutionnelle… et d’autodérision parfaitement maîtrisée.

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