Hausse du pétrole en février 2026 : une tension géopolitique qui fait bondir le baril
En l’espace de trois semaines, le marché pétrolier a connu une progression marquée. À la fin janvier 2026, le baril de Brent évoluait autour de 66 dollars. Au 22 février 2026, il s’échange désormais proche de 72 dollars. Cela représente une hausse d’environ 6 dollars, soit près de 9 pour cent en moins d’un mois.
Le baril de WTI américain suit la même tendance. Il se situait autour de 61 à 62 dollars fin janvier et avoisine aujourd’hui 66 dollars.
Cette progression est significative dans un marché qui anticipait plutôt un premier trimestre stable, voire légèrement baissier.
Une hausse liée au risque géopolitique
La principale explication réside dans la montée des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Les marchés redoutent un durcissement militaire ou de nouvelles sanctions susceptibles de perturber l’offre mondiale.
Le point stratégique demeure le détroit d’Hormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole consommé dans le monde. La simple crainte d’un blocage ou d’un incident dans cette zone suffit à provoquer une hausse immédiate des cours.
Il ne s’agit donc pas d’une rupture effective de l’approvisionnement, mais d’une prime de risque intégrée dans les prix.
Un marché devenu plus sensible
Cette hausse intervient dans un contexte de baisse récente des stocks commerciaux, notamment en Amérique du Nord. Lorsque les réserves diminuent, la moindre tension internationale amplifie les réactions des investisseurs.
Les décisions de production prises au sein de l’OPEP et de ses partenaires continuent également d’influencer l’équilibre du marché. Toutefois, les fondamentaux pour 2026 indiquaient jusqu’ici une offre globalement suffisante.
Qui profite d’un baril à 70 dollars
Un Brent proche de 72 dollars améliore immédiatement les recettes des grands pays exportateurs.
L’Arabie saoudite voit ses revenus budgétaires progresser mécaniquement avec chaque dollar supplémentaire sur le baril. La Russie bénéficie également de cette hausse, dans un contexte où ses exportations énergétiques demeurent centrales pour ses finances publiques.
Pour ces pays, une hausse de 6 dollars par baril représente des milliards de dollars supplémentaires sur l’année si le niveau se maintient.
Les économies sous pression
À l’inverse, les pays importateurs subissent un renchérissement immédiat de leur facture énergétique. L’Inde, troisième consommateur mondial, est particulièrement exposée.
Un baril passant de 66 à 72 dollars peut rapidement se traduire par une hausse des carburants, une pression inflationniste accrue et un impact sur la balance commerciale.
Une dynamique encore fragile
La question centrale reste celle de la durabilité. Si la tension diplomatique se relâche, le Brent pourrait revenir vers la zone des 65 à 68 dollars observée fin janvier. En revanche, toute escalade militaire pourrait pousser les cours au-delà des 75 dollars à court terme.
La hausse actuelle n’est donc pas structurelle, mais conditionnée à l’évolution d’un facteur clé : la stabilité géopolitique au Moyen-Orient.
