L’Ukraine veut élargir son accès au marché agricole européen

Kyiv réclame une hausse des quotas d’exportation sans droits de douane vers l’Union européenne pour ses produits agricoles sensibles, alors que les attaques russes sur les ports de la mer Noire fragilisent ses routes commerciales traditionnelles.

L’Ukraine souhaite rouvrir dès septembre des négociations avec la Commission européenne afin d’obtenir un relèvement des quotas d’exportation sans droits de douane pour plusieurs de ses produits agricoles jugés sensibles. Le ministre ukrainien de l’Agriculture, Taras Vysotsky, a demandé aux représentants du secteur de lui fournir des données précises en vue de ces discussions, qui porteront notamment sur le sucre, l’amidon, la mélasse, l’alcool et le bioéthanol.

Des quotas relevés en 2025, mais toujours limités

L’Union européenne et l’Ukraine s’étaient accordées l’an dernier sur une révision des volumes autorisés en franchise de droits pour une série de produits sensibles, parmi lesquels les œufs, la volaille, le sucre, le miel, le blé et le maïs. Certains de ces quotas ont été relevés en 2025 : celui de la volaille est passé de 90 000 à 120 000 tonnes, tandis que celui du sucre a quintuplé, passant de 20 070 à 100 000 tonnes.

Ces volumes demeurent toutefois inférieurs aux niveaux de libéralisation totale qui avaient été instaurés au lendemain de l’invasion russe de février 2022, lorsque Bruxelles avait suspendu l’ensemble des droits de douane et des quotas sur les importations agricoles ukrainiennes pour soutenir l’économie du pays.

Les routes d’exportation sous pression

La demande de Kyiv intervient alors que les attaques répétées contre les ports ukrainiens de la mer Noire continuent de perturber les exportations maritimes du pays, l’une des principales sources de devises pour l’économie ukrainienne en temps de guerre. Cette situation accroît la dépendance de l’Ukraine à l’égard des routes terrestres européennes et du Danube, un axe fluvial lui-même fragilisé par des épisodes de sécheresse qui limitent sa capacité de transport.

Un dossier toujours sensible pour plusieurs États membres

La question reste politiquement délicate au sein de l’Union européenne. La Pologne, la Slovaquie et la Hongrie maintiennent des interdictions unilatérales sur l’importation de certains produits agricoles ukrainiens, malgré l’opposition de la Commission européenne à ces mesures. Ces trois pays invoquent la protection de leurs agriculteurs, confrontés selon eux à une concurrence jugée déloyale depuis l’afflux de céréales et d’autres denrées ukrainiennes sur leurs marchés.

Les nouvelles négociations attendues en septembre s’annoncent donc comme un nouveau test pour l’équilibre, toujours précaire, entre le soutien économique de l’UE à l’Ukraine en guerre et la défense des intérêts agricoles de certains de ses États membres.

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