« Non mais je m’en fous, je n’étais pas né »

Le 19 octobre 2026, David Lisnard, candidat de droite à l’élection présidentielle de 2027, était l’invité de David Pujadas sur la chaîne LCI.

Était également présente une représentante étudiante proche de La France insoumise (LFI), le parti de Jean-Luc Mélenchon. Celle-ci a interpellé David Lisnard, membre du parti Nouvelle Énergie, sur la concomitance entre les manifestations des lycéens et des Gilets jaunes et la date choisie du 17 octobre 2026.

Il est important de rappeler que, lors des manifestations lycéennes et des Gilets jaunes du 17 octobre dernier, des participants se sont rendus sur le pont de la Concorde et ont jeté des fleurs dans la Seine. Un hommage sans équivoque aux Algériens jetés dans le fleuve par les forces de police, dans un déchaînement de haine et de violence.

Cet épisode n’a pourtant pas été relevé par les grands médias français. Et pourtant, les faits sont incontestables.

C’est dans ce contexte, marqué par le souvenir de cette répression meurtrière, que David Lisnard, interrogé sur les violences policières commises lors de la manifestation d’Algériens contre un couvre-feu discriminatoire, a répondu :

« J’en ai rien à foutre, j’en ai rien à cirer, j’étais pas né. »

Nos amis algériens apprécieront cette réponse.

À quelques mois d’une échéance électorale cruciale, les idées xénophobes, racistes, antisémites et homophobes sont désormais vécues comme une menace permanente par une partie de la population française.

Particulièrement par celles et ceux dont la couleur de peau, les convictions philosophiques, les croyances religieuses ou l’orientation sexuelle sont désignées par l’extrême droite comme autant de signes d’appartenance à un prétendu « ennemi de l’intérieur ».

La jeunesse l’a bien compris. Les citoyens modestes, mais éclairés, l’ont compris également.

La banalisation et la dédiabolisation du Rassemblement national et des idées néofascistes ont été rendues possibles par des alliés complaisants et soumis. Elles gagnent désormais jusqu’à une institution dont la vocation première est la protection des citoyens et au sein de laquelle le principe même de « gardien de la paix » semble avoir été vidé de son sens.

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