Refus d’extradition : la justice française tranche en faveur d’Halima Ben Ali

La justice française a refusé, mercredi, d’extrader Halima Ben Ali vers la Tunisie, marquant un nouveau tournant dans ce dossier sensible à dimension politique et judiciaire. La décision a été rendue par la cour d’appel de Paris, compétente en matière d’extradition.

Interpellée à l’automne 2025 dans un aéroport parisien, la cadette de l’ancien président Zine el-Abidine Ben Ali était réclamée par les autorités tunisiennes pour des infractions principalement financières. Lors des audiences, son avocate, Samia Maktouf, avait vivement contesté cette demande, estimant qu’un retour en Tunisie exposerait sa cliente à de graves risques, allant jusqu’à évoquer « une condamnation à mort ».

Dans son délibéré, la juridiction parisienne a notamment pointé l’absence de garanties suffisantes de la part de Tunis. Les magistrats ont relevé un manque de réponse concernant l’indépendance et l’impartialité du système judiciaire tunisien, ainsi que sur les conditions de détention et les recours possibles en cas de mauvais traitements.

« Cette décision est un immense soulagement », a réagi Me Maktouf à l’issue de l’audience, saluant une décision « conforme au droit ». Restée discrète, Halima Ben Ali n’a pas souhaité s’exprimer publiquement.

La cour a également ordonné la levée de son contrôle judiciaire, lui permettant désormais de circuler librement sur le territoire français. Une décision qui pourrait tendre davantage les relations judiciaires entre Paris et Tunis, déjà fragilisées sur les questions de coopération et d’État de droit.

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