Rima Hassan : un casting contesté qui interroge
L’ascension politique de Rima Hassan au Parlement européen suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations, y compris parmi ceux qui avaient initialement vu en elle une voix nouvelle et engagée. Élue avec l’étiquette de La France insoumise (LFI), elle semblait incarner un renouvellement, notamment sur les questions internationales et les droits des peuples. Pourtant, à mesure que son mandat progresse, les critiques se multiplient et dessinent le portrait d’une élue en décalage avec les attentes qu’elle avait suscitées.
D’abord, son positionnement politique apparaît de plus en plus ambigu. Son engagement en faveur de la cause palestinienne, qui constituait l’un des piliers de son image publique, est aujourd’hui jugé par certains comme insuffisamment cohérent. En particulier, ses prises de position sur le Sahara occidental ont nourri l’incompréhension : en refusant d’établir un parallèle entre la situation des Sahraouis et celle des Palestiniens, elle semble adopter une lecture sélective du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cette posture alimente les soupçons d’une proximité avec les positions du Maroc, renforçant le sentiment d’un engagement à géométrie variable.
Par ailleurs, son attitude est régulièrement pointée du doigt. Qualifiée par certains d’hautaine ou de distante, elle peine à fédérer, y compris au sein des communautés qu’elle prétend défendre. Des critiques émergent également quant à son rapport aux diasporas maghrébines, certains lui reprochant un manque d’écoute ou une posture jugée condescendante.
Sur le plan politique, Rima Hassan semble également s’éloigner progressivement de la ligne de son propre camp. Ses prises de position sur des dossiers internationaux majeurs — qu’il s’agisse de l’Iran, de l’Ukraine ou de la Biélorussie — apparaissent, aux yeux de ses détracteurs, plus proches des partis traditionnels que de la ligne défendue par LFI. Cette divergence nourrit l’hypothèse d’une rupture future avec son mouvement, certains y voyant déjà une stratégie opportuniste.
Enfin, un autre point de critique concerne le traitement différencié qu’elle réserve aux questions de droits humains. Si elle se montre prompte à dénoncer certaines situations, notamment en Tunisie et en Algérie, son silence relatif sur d’autres contextes, comme celui du Maroc, interroge sur la cohérence et l’universalité de son engagement.
Au-delà du cas individuel, cette trajectoire soulève une question plus large : celle de la difficulté à incarner durablement une ligne politique claire et cohérente dans un espace aussi complexe que le Parlement européen. Rima Hassan n’est pas la première élue à Bruxelles à voir son positionnement contesté, et elle ne sera sans doute pas la dernière. Reste à savoir si elle parviendra à clarifier sa ligne et à renouer avec une crédibilité politique mise à l’épreuve, ou si son passage au Parlement européen restera comme une parenthèse rapidement refermée.

