Le Parlement européen plaide pour un siège africain permanent au Conseil de sécurité de l’ONU

Lors de l’émission « Le Vrai dialogue » diffusée sur ATIPIK TV, la télévision belge francophone internationale, dont voici le lien https://www.youtube.com/watch?v=stRBebksMf0, l’eurodéputé luxembourgeois Charles Goerens a réaffirmé son soutien à l’idée d’un siège permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies.
« Je défends cette idée depuis vingt ans au Parlement européen », a-t-il rappelé avec insistance.

Le poids croissant de l’Afrique dans le monde

Pour appuyer son propos, M. Goerens a rappelé l’évolution démographique spectaculaire du continent :

  • En 1945, au moment de la création de l’ONU, l’Afrique comptait environ 400 millions d’habitants.
  • En 2025, elle a atteint 1,5 milliard.
  • D’ici la fin du siècle, les projections annoncent près de 4 milliards d’habitants, soit plus du tiers de la population mondiale.

Une telle dynamique démographique, associée au poids stratégique et économique croissant du continent, justifie pleinement, selon lui, une représentation permanente de l’Afrique dans l’organe décisionnel le plus influent des Nations unies.

Le contexte de la revendication africaine

Depuis plusieurs décennies, l’Afrique réclame une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU afin d’obtenir une représentation équitable. En 2005, l’Union africaine a adopté le Consensus d’Ezulwini, exigeant :

  • Deux sièges permanents pour l’Afrique avec droit de veto.
  • Cinq sièges non permanents supplémentaires.

À ce jour, le Conseil de sécurité reste dominé par les cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni), héritage de l’équilibre géopolitique de l’après-Seconde Guerre mondiale. Or, aucun pays africain n’y dispose de siège permanent, malgré le fait que plus de 70 % des dossiers examinés par le Conseil concernent l’Afrique.

Un soutien affiché de l’Union européenne

Charles Goerens a insisté sur la nécessité pour les pays africains de se montrer « encore plus exigeants, plus insistants » dans leurs revendications, car, selon lui, « ce serait enfin justice ».
Il a par ailleurs assuré que l’Union européenne se tiendra aux côtés de l’Afrique dans cette bataille diplomatique.

Une réforme attendue, mais difficile

Si de nombreux acteurs internationaux reconnaissent la légitimité de la demande africaine, la réforme du Conseil de sécurité demeure l’un des sujets les plus sensibles au sein des Nations unies. Les rivalités géopolitiques, la défense d’intérêts nationaux et le droit de veto des membres permanents compliquent toute avancée.
Néanmoins, l’appel renouvelé de voix européennes en faveur de l’Afrique contribue à maintenir le débat vivant et à renforcer la légitimité de cette revendication.

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