Sommet UE-CCG à Riyad : l’Europe et le Golfe resserrent les rangs

Le 24 octobre, les dirigeants de l’Union européenne et des six monarchies du Golfe se retrouveront en Arabie saoudite pour leur deuxième sommet. Un rendez-vous stratégique qui ouvre la voie, quatre semaines plus tard, à la mission économique belge conduite par la reine Mathilde dans le Royaume.

Deux ans après une première rencontre historique à Bruxelles, l’Europe et le Golfe se donnent à nouveau rendez-vous. Le 24 octobre 2026, les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-Sept et ceux des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui réunit le Bahreïn, l’Arabie saoudite, le Koweït, Oman, le Qatar et les Émirats arabes unis, se réuniront en Arabie saoudite pour le deuxième sommet UE-CCG. Côté européen, la rencontre sera coprésidée par le président du Conseil européen, António Costa, aux côtés de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

« Notre passé, notre présent et notre avenir sont liés », affirme António Costa, pour qui le moment est venu d’approfondir le partenariat entre les deux régions. Une formule qui résume l’ambition affichée : faire d’une relation longtemps cantonnée au commerce un véritable partenariat stratégique, fondé sur le dialogue politique et la coordination en faveur de la paix, de la sécurité et de la prospérité.

Des liens économiques en pleine croissance

Les chiffres justifient cette ambition. L’Union européenne est le deuxième partenaire commercial des pays du Golfe. En 2025, les échanges de biens entre les deux régions ont atteint 165,6 milliards d’euros, dont près de 110 milliards d’exportations européennes et 55,6 milliards d’importations. En dix ans, ce commerce a progressé de près de 30 %, porté surtout par les importations européennes, en hausse de 54 %. Sans surprise, les combustibles dominent : ils représentent plus des trois quarts des achats de l’UE dans la région, qui détient près d’un tiers des réserves mondiales de pétrole.

Les services connaissent une croissance encore plus spectaculaire. Leur volume a plus que doublé entre 2014 et 2024, pour atteindre 84,4 milliards d’euros, avec un net excédent en faveur de l’Europe, qui en exporte deux fois plus qu’elle n’en importe. Les investissements, enfin, circulent dans les deux sens : le stock d’investissements européens dans le Golfe s’élevait en 2024 à 163,1 milliards d’euros, tandis que les monarchies du Golfe avaient investi 189,8 milliards d’euros dans l’Union, signe de la puissance financière de leurs fonds souverains.

Avec quelque 60 millions d’habitants, dont 35,3 millions en Arabie saoudite et 11,3 millions aux Émirats arabes unis, le CCG constitue un marché jeune, riche et engagé dans de vastes programmes de diversification économique.

Un partenariat ancien, un contexte nouveau

Les relations entre les deux blocs reposent sur un accord de coopération signé en 1989, qui encadre des dialogues réguliers sur l’économie, l’énergie, le climat, l’environnement et la recherche. Mais le contexte a profondément changé. La guerre déclenchée fin février contre l’Iran et les représailles iraniennes qui ont frappé plusieurs pays du Golfe ont rappelé la vulnérabilité de la région, et l’importance, pour l’Europe, de sa stabilité. Sécurité énergétique, sécurité maritime et diplomatie régionale devraient ainsi occuper une place centrale dans les discussions de Riyad, aux côtés des dossiers commerciaux.

Pour l’Union, l’enjeu est aussi de ne pas laisser le terrain à d’autres puissances, à l’heure où la Chine, les États-Unis ou l’Inde multiplient les initiatives en direction du Golfe.

La Belgique en première ligne

Ce sommet tombe à point nommé pour la Belgique. Quatre semaines plus tard, du 21 au 26 novembre, la reine Mathilde conduira à Riyad, Dammam et Djeddah une importante mission économique réunissant ministres fédéraux et régionaux et chefs d’entreprise. Ce sera la première grande mission belge dans le Royaume depuis 2014.

Logistique et infrastructures portuaires, technologies numériques, santé et sciences de la vie, énergies renouvelables, économie créative et industrie de la défense : les secteurs ciblés par la délégation belge rejoignent largement les priorités que l’UE et le CCG mettront sur la table en octobre. Le climat politique créé par le sommet pourrait ainsi offrir aux entreprises belges un terrain favorable pour concrétiser des contrats.

De Bruxelles à Riyad, l’automne 2026 s’annonce donc comme un moment charnière dans les relations entre l’Europe et le Golfe. Reste à savoir si les déclarations d’intention se traduiront, cette fois, en accords concrets.

Atipik Info suivra ces deux rendez-vous et reviendra sur leurs principales retombées.

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