Yennayer 2976 : quand l’Algérie célèbre la mémoire, la diversité et l’unité (vidéo)

L’Algérie est l’un des rares pays à célébrer plusieurs Nouvel An, reflets de la richesse de son histoire et de la pluralité de ses références culturelles. À côté du calendrier grégorien et du calendrier hégirien, Yennayer occupe désormais une place centrale dans le paysage national. Le passage à l’an amazigh 2976 en est une nouvelle illustration.

Pour la première fois, l’équipe d’Atipik TV a choisi de célébrer Yennayer dans l’un des lieux les plus emblématiques d’Alger : l’hôtel El Djazair, ancien Saint-George, symbole à la fois de mémoire, de continuité et d’élégance.

Yennayer, d’une célébration familiale à un rendez-vous national

Longtemps célébré dans le cadre familial et régional, Yennayer s’est progressivement imposé comme un moment fédérateur à l’échelle nationale. Institutionnalisée, la fête est aujourd’hui pleinement assumée comme un marqueur identitaire, culturel et historique commun à tous les Algériens.

Cette évolution traduit une réappropriation apaisée de la mémoire amazighe et son inscription durable dans le récit national, au-delà des appartenances régionales.

Une gastronomie amazighe à l’honneur

Dès le début de la soirée, l’hôtel El Djazair a offert un cadre soigné et chaleureux, fidèle à son histoire et à son standing. Sous la coordination de Slimane, directeur des restaurants, l’événement a accordé une place centrale à la gastronomie amazighe, pensée comme un langage commun.

Le menu proposait un véritable voyage culinaire à travers les régions : couscous noir, gris et blanc, berkoukes, spécialités du Djurdjura, des Aurès, du Mzab et du Sud touareg. Une diversité de saveurs illustrant la richesse et la profondeur du patrimoine culinaire algérien.

Tradition et modernité : le défilé de Taous

Moment particulièrement attendu, le défilé de mode signé Taous a apporté une dimension esthétique forte à la soirée. La créatrice a revisité la robe kabyle en conjuguant fidélité aux broderies ancestrales et lignes contemporaines.

Ce travail de création a mis en valeur le textile traditionnel amazigh comme un patrimoine vivant, capable d’évoluer sans perdre son âme.

Un hommage vivant aux rites et aux arts populaires

La soirée s’est poursuivie avec une mise en scène inspirée du mariage kabyle, permettant au public de redécouvrir certains rituels dans une atmosphère à la fois respectueuse et festive. Chants, youyous et gestes symboliques ont contribué à recréer une ambiance authentique, rappelant la dimension collective de ces traditions.

L’orchestre kabyle a ensuite rythmé la soirée avec des airs populaires, entraînant un moment de partage spontané entre artistes, personnel et invités, dans une ambiance conviviale et intergénérationnelle.

Une clôture vocale, sobre et puissante

En conclusion, quatre voix féminines ont interprété un chant a cappella, offrant un instant de recueillement et d’émotion. Sans artifices, cette performance a donné à la fin de la soirée une dimension presque méditative, en écho à la profondeur symbolique de Yennayer.

Yennayer, une mémoire vivante

Plus qu’une date, Yennayer est une mémoire en mouvement. Il incarne le lien entre passé et présent, entre héritage et transmission, entre diversité et unité.

À travers cette célébration à l’hôtel El Djazair, Atipik TV a souhaité rappeler que la culture amazighe n’est ni marginale ni figée, mais pleinement constitutive de l’identité algérienne. Une identité qui se nourrit de ses racines et s’exprime avec fierté lorsqu’elle choisit de célébrer, ensemble.

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