Un ado européen sur trois fragilisé par les réseaux sociaux : Bruxelles passe à l’action
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le commissaire européen Olivér Várhelyi a dressé un constat préoccupant sur la santé psychologique des Européens, en particulier des plus jeunes, et présenté les réponses de la Commission.
Plus de 84 millions de personnes dans l’Union européenne seraient aujourd’hui confrontées à des difficultés de santé mentale. C’est le chiffre qu’a rappelé Olivér Várhelyi, commissaire chargé de la santé, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre. Cette année, le thème retenu met l’accent sur l’écoute des personnes concernées : « Expériences vécues entendues : vraies voix, vrai changement ».
Les jeunes en première ligne
Le commissaire a particulièrement insisté sur les enfants et les adolescents. De nombreux troubles apparaissent en effet pendant l’enfance ou l’adolescence et peuvent laisser des traces durables. Or, selon Bruxelles, le bien-être des jeunes est de plus en plus façonné par le numérique, à la fois source d’apprentissage et de lien, mais aussi de nouvelles pressions.
Les chiffres d’une enquête Eurobaromètre menée auprès d’adolescents de 13 à 18 ans et de leurs parents sont éloquents : environ 89 % des jeunes Européens utilisent les réseaux sociaux chaque jour, et plus ils se connectent tôt, plus leur temps d’écran augmente. Surtout, près d’un adolescent sur trois dit se sentir stressé, triste ou exclu à cause de ces plateformes.
Une législation pour protéger les enfants en ligne
Ces résultats, combinés aux recommandations d’un groupe spécial sur la sécurité des enfants en ligne, ont nourri la proposition de législation européenne de la Commission visant à mieux protéger les mineurs sur Internet. Le principe est clair : ce sera désormais aux services en ligne de démontrer qu’ils sont sûrs pour les enfants, tandis que les parents disposeront d’outils pour encadrer l’expérience numérique de leurs enfants.
Dans le même esprit, la Commission a lancé cette semaine, avec l’UNICEF, une boîte à outils destinée aux décideurs politiques pour renforcer la prévention en matière de santé infantile, avec un volet consacré à la santé mentale.
1,3 milliard d’euros mobilisés
Au-delà de la jeunesse, l’Union poursuit son approche globale de la santé mentale, dotée de près de 1,3 milliard d’euros de possibilités de financement. Objectifs : prévention, accès équitable à des soins de qualité et abordables, et accompagnement vers le rétablissement.
Parmi les initiatives citées, un programme européen d’échanges et de compétences de 9 millions d’euros, destiné aux professionnels de santé, a déjà réuni quelque 3 600 participants dans les 27 États membres, ainsi qu’en Norvège, en Islande et en Ukraine. La Commission investit par ailleurs 11 millions d’euros dans un partenariat avec l’OMS Europe pour renforcer les systèmes de santé mentale du continent.
« Nous écouterons les personnes ayant vécu des expériences » et transformerons leurs points de vue en actions, a conclu le commissaire. Reste à savoir si ces engagements suffiront à inverser la tendance chez une génération qui grandit, plus que toute autre, les yeux rivés sur un écran.

