À Bruxelles, un appel international pour la libération d’Ibtissame Lachgar
Une conférence de presse consacrée au sort de la militante féministe et défenseure des droits humains marocaine Ibtissame Lachgar se tiendra mardi 15 septembre au Press Club Brussels Europe. Organisée par le collectif Laïcité Yallah, la rencontre entend porter sur la scène internationale un appel à sa libération immédiate.
Intitulée « Ibtissame Lachgar: International Call for her Immediate Release », la conférence est programmée de 10 h 30 à 12 heures. Elle intervient alors que la militante purge une peine de 30 mois de prison prononcée au Maroc dans une affaire liée à une publication sur les réseaux sociaux.
Une condamnation qui suscite l’indignation
Ibtissame Lachgar, figure connue du mouvement féministe marocain et cofondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI), a été arrêtée à Rabat le 10 août 2025. Les autorités marocaines lui reprochaient notamment une publication sur les réseaux sociaux dans laquelle elle apparaissait portant un tee-shirt avec le slogan « Allah is lesbian », accompagné de propos critiques envers la religion .
Le 3 septembre 2025, un tribunal de première instance de Rabat l’a condamnée à 30 mois d’emprisonnement et à une amende de 50 000 dirhams, en application de l’article 267-5 du Code pénal marocain, qui réprime notamment les atteintes intentionnelles à l’islam ou à ses symboles.
Pour ses soutiens, cette affaire dépasse largement le cas individuel de la militante. Elle pose la question des limites imposées à la liberté d’expression, mais aussi de la place de la critique des religions dans une société où certaines expressions peuvent donner lieu à des poursuites pénales.
Amnesty dénonce une atteinte à la liberté d’expression
L’affaire a rapidement suscité des réactions d’organisations internationales de défense des droits humains. Amnesty International décrit Ibtissame Lachgar comme une défenseure féministe et des droits des personnes LGBTI emprisonnée pour l’exercice pacifique de sa liberté d’expression. L’organisation appelle à sa libération et fait également état de préoccupations concernant ses conditions de détention et son état de santé.
Le dossier est d’autant plus sensible que Lachgar est engagée depuis de nombreuses années dans des combats pour les droits des femmes, les libertés individuelles et les droits des personnes LGBTI au Maroc. Son activisme l’a déjà placée au centre de controverses publiques, notamment à travers les actions du mouvement MALI.
Une mobilisation qui gagne l’Europe
La conférence organisée à Bruxelles traduit la volonté de ses soutiens de donner une dimension européenne et internationale à la mobilisation. Le choix du Press Club Brussels Europe, lieu régulièrement consacré aux conférences de presse et aux débats réunissant journalistes, ONG et acteurs institutionnels, vise à placer le dossier dans le débat public européen.
L’appel lancé par le collectif Laïcité Yallah s’inscrit ainsi dans une campagne plus large destinée à obtenir la libération d’Ibtissame Lachgar et à attirer l’attention sur ce que ses défenseurs considèrent comme une utilisation disproportionnée du droit pénal à l’encontre d’une militante pour ses prises de position.
Au-delà de la personnalité de Lachgar, le débat porte sur une question centrale : jusqu’où un État peut-il limiter la liberté d’expression lorsqu’elle touche à la religion ? Pour ses soutiens, la réponse ne peut passer par l’emprisonnement.
La conférence bruxelloise du 15 septembre entend précisément faire de cette question un sujet européen, en appelant les responsables politiques, les organisations de défense des droits humains et la société civile à se mobiliser pour obtenir la libération de la militante marocaine.

