Bruxelles tourne la page des trottinettes Bolt et Dott : une décision qui divise
Le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a confirmé la fin des trottinettes électriques en libre-service exploitées par les opérateurs Bolt et Dott. Les licences des deux entreprises arriveront à échéance à la fin de l’année 2026 et ne seront pas renouvelées. Cette décision marque un tournant dans la politique de mobilité de la capitale et suscite des réactions très contrastées.
Les autorités justifient cette mesure par plusieurs raisons. En premier lieu, la sécurité routière. Les accidents impliquant des trottinettes électriques sont en constante augmentation, avec un nombre de blessés jugé préoccupant. Les pouvoirs publics dénoncent également les nombreux engins abandonnés sur les trottoirs, gênant les piétons, les personnes à mobilité réduite et les poussettes. Enfin, les autorités évoquent un usage ponctuel de ces véhicules dans certaines activités criminelles, ce qui a renforcé leur volonté de mettre fin au système actuel. (euronews)
En revanche, le réseau de vélos partagés Villo! reste en service. Sa concession a été prolongée jusqu’à la fin de l’année 2028 afin d’assurer une continuité du service public le temps de préparer un nouveau système de vélos en libre-service, plus moderne et davantage orienté vers des stations fixes et des vélos électriques. Ce délai est notamment lié au retard pris dans le lancement du nouvel appel d’offres régional. (bruzz.be)
Cette annonce est accueillie avec satisfaction par une partie de la population. De nombreux automobilistes et piétons estiment que les trottinettes en libre-service contribuaient à désorganiser l’espace public. Les engins stationnés de manière anarchique, les comportements dangereux de certains utilisateurs et les conflits avec les autres usagers de la route alimentaient depuis plusieurs années un sentiment d’exaspération. Pour ces habitants, cette décision devrait permettre de retrouver des trottoirs plus accessibles et une circulation plus apaisée.
À l’inverse, les utilisateurs réguliers de Bolt et Dott dénoncent une décision pénalisante. Beaucoup utilisaient ces moyens de transport pour leurs trajets quotidiens, appréciant leur rapidité, leur flexibilité et leur complémentarité avec les transports publics. Ils regrettent qu’une interdiction ait été privilégiée plutôt qu’un renforcement des contrôles, une meilleure réglementation du stationnement ou des sanctions ciblées contre les comportements dangereux.
Si la disparition des trottinettes en libre-service semble désormais actée, le débat sur la mobilité urbaine reste ouvert. Entre sécurité, partage de l’espace public et développement des modes de transport durables, Bruxelles devra trouver un nouvel équilibre afin de répondre aux attentes parfois contradictoires des habitants.

